Après les cookies, une méthode de suivi via les SSD inquiète les chercheurs

Les cookies ont longtemps été considérés comme le principal outil de suivi sur Internet. Pourtant, de nouvelles techniques émergent régulièrement pour contourner les protections mises en place par les navigateurs et les utilisateurs. La dernière en date, baptisée FROST, suscite déjà de nombreuses inquiétudes dans le monde de la cybersécurité.

Développée par quatre chercheurs de l’université technique de Graz, en Autriche, cette méthode permettrait d’observer l’activité d’un internaute en analysant les temps de réponse de son SSD. Une approche innovante qui montre que la bataille pour la protection de la vie privée est loin d’être terminée.

À retenir

  • FROST utilise les temps de lecture du SSD pour détecter l’activité de navigation.
  • La technique fonctionne sans cookies et sans installation de logiciel malveillant.
  • Les chercheurs recommandent notamment de limiter les onglets ouverts et de désactiver l’OPFS lorsque cela est possible.

FROST, une nouvelle technique de suivi qui dépasse les cookies

Présentée en mai 2026, la technique FROST, pour Fingerprinting Remotely using OPFS-based SSD Timing, repose sur un principe surprenant. Au lieu d’exploiter les données classiques du navigateur, elle observe les microvariations de performances du disque de stockage.

A lire également :  Le PDA avec autonomie d'un mois était la norme avant les écrans couleurs

Selon les chercheurs autrichiens, un simple script JavaScript intégré à une page web suffit pour lancer l’opération. Aucun téléchargement ni installation n’est nécessaire.

Selon les travaux présentés par l’équipe de recherche, cette méthode pourrait identifier les sites consultés dans d’autres onglets grâce à l’analyse des temps de lecture du SSD.

Les nouvelles formes de pistage exploitent désormais les ressources matérielles elles-mêmes plutôt que les données directement accessibles aux sites web.

Comment fonctionne le suivi via les SSD avec FROST ?

Le système exploite l’interface OPFS (Origin Private File System), une fonctionnalité moderne des navigateurs web.

Concrètement, le script crée un fichier volumineux puis effectue en permanence des lectures aléatoires. Lorsque le SSD est sollicité par une autre application ou un autre onglet, même brièvement, les performances varient légèrement.

Le rôle clé des microsecondes

Ces ralentissements sont extrêmement faibles. Ils se mesurent en microsecondes.

Pour un utilisateur, ils sont totalement invisibles. Pourtant, ils produisent des schémas suffisamment précis pour être exploités.

Selon les chercheurs, ces variations constituent une véritable empreinte comportementale capable de révéler les activités en cours sur l’appareil.

L’intelligence artificielle au cœur de l’analyse

Les données collectées sont ensuite analysées par un réseau de neurones convolutif.

Cette intelligence artificielle apprend à reconnaître des modèles spécifiques associés à différents sites web. Elle peut ainsi déterminer quels services sont ouverts simultanément sur la machine.

Selon les résultats publiés, cette approche a notamment été validée sur un Mac équipé d’une puce M2 et fonctionnerait également sous Linux.

Pourquoi cette méthode de suivi inquiète les experts

Cette découverte attire l’attention car elle diffère des techniques classiques de fingerprinting.

A lire également :  Multi-utilisateurs et droits sécuriser un compte pro en ligne

Traditionnellement, l’objectif consiste à identifier un appareil ou un navigateur. Avec FROST, l’ambition va plus loin puisqu’il devient possible d’observer certaines activités en temps réel.

Lors de mes analyses de nouvelles menaces de cybersécurité, j’ai souvent constaté que les techniques les plus préoccupantes sont celles qui exploitent des fonctions légitimes des systèmes. C’est précisément ce qui rend FROST particulièrement intéressant pour les chercheurs.

Une détection particulièrement complexe

L’un des aspects les plus préoccupants reste la discrétion du procédé.

  • Aucun logiciel n’est installé sur l’ordinateur.
  • Aucun cookie n’est nécessaire.
  • Aucune alerte de sécurité n’est déclenchée.
  • Aucun fichier suspect n’apparaît sur la machine.

Cette discrétion complique considérablement l’identification d’une éventuelle tentative de surveillance.

Tableau des principales caractéristiques de FROST

ÉlémentDescription
Nom de la techniqueFROST
OrigineUniversité technique de Graz
Méthode utiliséeAnalyse des temps de lecture SSD
Technologie exploitéeOPFS
Installation requiseNon
Utilisation des cookiesNon
AnalyseRéseau de neurones convolutif
Systèmes testésMac M2 et Linux

Quelles protections face à cette nouvelle méthode de suivi ?

Même si cette technique reste principalement démontrée dans un cadre académique, plusieurs mesures peuvent limiter son efficacité.

Selon les recommandations évoquées par les chercheurs, réduire le nombre d’onglets ouverts simultanément diminue les possibilités d’observation.

J’ai déjà constaté lors de tests de performances que les navigateurs modernes accumulent souvent de nombreux processus en arrière-plan. Limiter cette activité réduit naturellement certaines surfaces d’analyse.

Désactiver l’OPFS dans les paramètres avancés

La mesure la plus radicale consiste à désactiver l’interface OPFS lorsque le navigateur le permet.

Cette solution n’est toutefois pas sans conséquence. Certaines applications web modernes utilisent cette fonctionnalité pour stocker localement des données et améliorer leurs performances.

A lire également :  Les technologies utilisées par les antimalwares modernes

Une course permanente entre innovation et protection

Cette découverte illustre une nouvelle fois l’évolution constante des techniques de pistage numérique.

Selon les spécialistes de la cybersécurité, les mécanismes de suivi ne se limitent plus aux cookies ou aux empreintes classiques du navigateur. Les composants matériels deviennent eux aussi des sources potentielles d’information.

Les résultats détaillés de FROST doivent être présentés officiellement lors de la conférence DIMVA 2026 au début du mois de juillet, un rendez-vous très attendu par la communauté de la sécurité informatique.

Témoignage

« Je pensais qu’effacer mes cookies suffisait à protéger ma navigation. Découvrir que les performances du SSD peuvent aussi être utilisées pour le suivi est particulièrement surprenant. »

Laisser un commentaire